Gr20 passage dangereux : les zones à risque à connaître avant de partir

Vous préparez le GR20 et vous vous demandez quels sont les passages vraiment dangereux, ceux où une chute ne pardonne pas ? La réponse courte : oui, certaines étapes comportent des portions très exposées, techniques et éprouvantes, surtout en cas de fatigue ou de mauvais temps. Ce sentier mythique, qui traverse la Corse du nord au sud sur environ 180 kilomètres, réclame une préparation sérieuse et une connaissance précise des zones à risque. Dans cet article, vous trouverez une vue claire des principaux passages délicats, des conditions qui les rendent dangereux et des conseils concrets pour les aborder sereinement si vous décidez de vous lancer.

Comprendre ce qui rend le gr20 dangereux en pratique

Avant de mémoriser une liste de passages dangereux, il est essentiel de comprendre pourquoi ce sentier est réputé difficile. Le danger ne vient pas seulement de quelques passages techniques, mais d’un ensemble de facteurs qui se combinent : conditions météo changeantes, fatigue accumulée, poids du sac et niveau d’engagement. Cette partie vous donne le cadre pour mieux évaluer vos propres limites et adapter votre projet en conséquence.

Pourquoi le gr20 est-il considéré comme l’un des treks les plus difficiles d’Europe ?

Le GR20 cumule des dénivelés importants, un terrain très minéral et des passages aériens qui demandent une concentration permanente. Avec un dénivelé positif total dépassant les 10 000 mètres sur l’intégralité du parcours, chaque étape sollicite intensément les articulations et les muscles. Le sentier traverse des crêtes granitiques où le rocher poli devient traître, des éboulis instables et des couloirs étroits nécessitant parfois l’usage des mains.

Le danger vient souvent de la combinaison de la fatigue et d’un terrain technique qui ne laisse aucune place à l’inattention. Même des randonneurs expérimentés peuvent se faire piéger en sous-estimant l’enchaînement des difficultés jour après jour. Le poids du sac, généralement entre 10 et 15 kilos, amplifie les risques de déséquilibre sur les passages délicats.

Comment la météo en Corse transforme certains passages en véritables pièges ?

La pluie rend les dalles de granite et les rochers du GR20 extrêmement glissants, même sur des portions réputées faciles par beau temps. En quelques minutes, un passage aérien peut devenir impraticable pour un randonneur non aguerri. Le brouillard, fréquent en altitude, fait perdre les marques de balisage rouge et blanc, rallongeant considérablement les temps de marche et augmentant la fatigue.

En début de saison, généralement avant mi-juin, ou en fin de parcours après mi-septembre, la neige et le verglas transforment certains couloirs et vires en zones à très haut risque. Ces conditions requièrent un équipement spécifique comme les crampons et le piolet, ainsi qu’une expérience en alpinisme. Les orages, violents et soudains en montagne corse, exposent les randonneurs à la foudre sur les crêtes et rendent le rocher mouillé dangereux en quelques instants.

Fatigue, gestion du sac et surconfiance : les dangers souvent sous-estimés

Beaucoup d’accidents surviennent en fin de journée, entre 15h et 17h, quand les appuis deviennent moins précis et la vigilance baisse. Après six ou sept heures de marche avec dénivelé, le corps réagit moins vite et la prise de décision se dégrade. Cette fatigue cognitive est responsable de nombreuses glissades et chutes.

Un sac trop lourd amplifie l’instabilité sur les dalles, blocs et passages équipés de chaînes. Chaque kilo superflu déplace votre centre de gravité et rend les appuis moins sûrs. La surconfiance, notamment après quelques jours sans problème, pousse parfois à forcer un passage malgré l’orage qui approche ou des sensations physiques moyennes. Cette attitude représente l’un des risques majeurs sur le GR20.

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Principaux passages dangereux du gr20 nord à bien préparer

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La partie nord du GR20 concentre la majorité des passages réputés dangereux, avec un terrain plus technique, des dalles lisses et des sections aériennes marquées. Vous trouverez ici les secteurs les plus sensibles, étape par étape, pour repérer où redoubler de vigilance ou éventuellement adapter votre itinéraire. L’objectif n’est pas de vous effrayer, mais de vous permettre d’anticiper en connaissance de cause.

Quels sont les passages les plus engagés entre Calenzana et Ascu Stagnu ?

Les premières étapes autour du refuge de Carrozzu et de la passerelle de Spasimata sont déjà très techniques et surprennent souvent les randonneurs. La montée vers le refuge d’Ortu di u Piobbu depuis Calenzana enchaîne des dalles inclinées où la progression nécessite de poser les mains par endroits. Le terrain rocheux et minéral ne pardonne pas les erreurs d’appui.

La descente vers le refuge de Carrozzu présente des passages équipés de câbles et chaînes où une chute aurait des conséquences graves. Le caractère d’entrée en matière surprend ceux qui pensaient que la difficulté monterait progressivement. Entre Carrozzu et Ascu Stagnu, le franchissement de la Spasimata combine passerelle métallique au-dessus du vide et sections rocheuses exposées qui demandent de l’aisance en terrain vertical.

Cirque de la solitude et variantes actuelles : ce qui a vraiment changé

Le mythique cirque de la Solitude, entre le refuge de Tighjettu et celui de Ciottulu di i Mori, est aujourd’hui officiellement fermé depuis 2015 suite à plusieurs accidents mortels. Il a été remplacé par un itinéraire de contournement par les crêtes, appelé variante alpine, qui évite le couloir raide et les cheminées où les chutes de pierres étaient fréquentes.

Même si ce nouveau tracé est moins exposé aux chutes de pierres, il reste très exigeant avec un dénivelé supplémentaire d’environ 300 mètres et des passages techniques en altitude. Les randonneurs fatigués ou mal acclimatés y trouvent souvent l’une des journées les plus éprouvantes du GR20. L’itinéraire nécessite une bonne orientation et une condition physique solide pour enchaîner montées raides et descentes sur pierrier instable.

Arêtes, éboulis et dalles lisses : zones à forte exposition dans le nord

Plusieurs étapes du GR20 nord enchaînent des arêtes aériennes où le sentier n’offre que quelques dizaines de centimètres de largeur, avec des à-pics de part et d’autre. Les pierriers instables, notamment dans les descentes, demandent une attention permanente pour éviter de déclencher des chutes de pierres vers les randonneurs en contrebas.

Les longues dalles de granite poli, caractéristiques du relief corse, deviennent particulièrement traîtres sous la pluie ou avec de la rosée matinale. Le danger augmente lorsqu’il faut poser les mains avec un sac lourd et des chaussures dont l’adhérence diminue sur surface mouillée. Les montées et descentes vers les refuges de Tighjettu, Ciottulu di i Mori ou Manganu peuvent devenir délicates sous la pluie ou avec du vent fort, qui déséquilibre les randonneurs exposés sur les crêtes.

Passages délicats du gr20 sud et faux sentiment de facilité

Le GR20 sud est souvent présenté comme plus facile que le nord, ce qui peut donner un dangereux sentiment de sécurité. Certes, le terrain y est globalement un peu moins technique, mais certains passages restent exposés et demandent toute votre attention, surtout en cas de grosse chaleur ou de météo dégradée. Cette partie met en lumière les secteurs à ne pas prendre à la légère, même si vous vous sentez déjà rodé par le nord.

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Pourquoi le gr20 sud n’est pas une simple randonnée de crête tranquille ?

Le sud comporte davantage de sentiers roulants et de portions en forêt, mais aussi des crêtes exposées et des descentes raides sur terrain instable. La différence principale réside dans l’altitude légèrement inférieure et la végétation plus présente, offrant parfois de l’ombre. Cependant, les dénivelés restent importants avec des étapes dépassant régulièrement 1000 mètres de dénivelé positif.

La chaleur peut rendre les longues montées éprouvantes, augmentant le risque de déshydratation et de perte de lucidité. En plein été, les températures dépassent fréquemment 30 degrés en journée, transformant certaines montées sans ombre en véritables épreuves. Après plusieurs jours de marche, la fatigue accumulée rend les chevilles plus vulnérables aux entorses sur les pierres et marches irrégulières qui parsèment le sentier.

Passages aériens, vires et dalles exposées entre Vizzavona et Conca

Entre Vizzavona, le refuge d’Usciolu et celui d’Asinau, certaines sections longent des vires et crêtes avec de forts à-pics. La descente depuis la pointe des Trois Bandera vers Usciolu présente des passages rocheux exposés. Même si ces zones sont moins célèbres que les difficultés du nord, une glissade ou un faux pas peut y avoir de lourdes conséquences.

L’étape entre Asinau et le col de Bavella traverse des dalles granitiques et des passages en crête où le vide se fait sentir de chaque côté. Par temps humide ou sous orage, il est parfois plus prudent de patienter au refuge ou d’écourter l’étape que de forcer le passage. La descente finale vers Conca, bien que moins technique, sollicite fortement les genoux et multiplie les risques de chute par simple épuisement.

Itinéraires de variantes et raccourcis locaux : quand la petite option devient risquée

Certaines variantes conseillées par des locaux ou des topos plus anciens empruntent des couloirs ou sentes très raides qui peuvent sembler attractives pour gagner du temps. Ces raccourcis sont parfois adaptés à des montagnards aguerris connaissant parfaitement le terrain, mais inadaptés à un randonneur déjà entamé physiquement avec un gros sac.

Suivre scrupuleusement le balisage officiel du GR20, marqué par les traits rouges et blancs caractéristiques, limite souvent l’exposition aux passages les plus scabreux. Les variantes non balisées peuvent comporter des sections où le sentier disparaît, augmentant les risques de perdre l’itinéraire et de se retrouver dans des passages dangereux sans issue évidente.

Réduire les risques sur le gr20 : préparation, équipement et choix tactiques

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Connaître les passages dangereux du GR20 ne suffit pas : la manière dont vous préparez et gérez votre trek fera toute la différence. Cette dernière partie rassemble des conseils concrets pour limiter l’exposition au risque, depuis l’entraînement en amont jusqu’au choix de votre matériel. Vous y trouverez aussi des repères pour décider quand renoncer ou adapter votre tracé sans culpabiliser.

Comment savoir si vous avez le niveau pour affronter les passages exposés ?

Votre expérience en montagne, votre aisance sur terrain rocheux et votre résistance à l’effort long sont des indicateurs clés à évaluer honnêtement. Si vous n’êtes pas à l’aise sur des sentiers alpins avec des passages en dalle ou sur des via ferrata faciles, certains passages du GR20 risquent de vous dépasser.

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Un bon test consiste à réaliser des randonnées avec dénivelé important sur deux ou trois jours consécutifs, en portant un sac d’au moins 10 kilos. Si vous ressentez une appréhension forte face au vide ou si vous manquez de stabilité sur rocher, commencer par des treks moins engagés ou faire seulement une portion du GR20 accompagné d’un guide professionnel peut être une option raisonnable et responsable.

Équipement, chaussures et bâtons : ce qui fait vraiment la différence en sécurité

Des chaussures de randonnée à tige montante suffisamment rigide et semelle accrocheuse de type Vibram sont indispensables sur dalles et pierriers. Le maintien de la cheville prévient les entorses sur terrain instable, tandis qu’une semelle adhérente limite les glissades sur granite poli. Évitez les chaussures neuves qui risquent de créer des ampoules handicapantes dès les premiers jours.

Les bâtons de randonnée aident à soulager les genoux et à stabiliser les appuis, particulièrement utiles dans les descentes chargées. Cependant, ils doivent être rangés dans les passages où il faut utiliser les mains pour grimper ou s’assurer avec les chaînes. Un sac allégé au maximum, idéalement sous 12 kilos, un bon ajustement des sangles dorsales et ventrales, et un casque dans les zones à risque de chutes de pierres augmentent nettement votre marge de sécurité.

Équipement Utilité sécurité Conseil pratique
Chaussures montantes Protection chevilles, adhérence Les roder avant le départ
Bâtons télescopiques Stabilité, soulagement genoux Savoir les ranger rapidement
Casque léger Protection chutes pierres Recommandé partie nord
Sac 40-50L Allègement, équilibre Maximum 12kg chargé

Quand renoncer, contourner ou se faire accompagner sur un passage dangereux ?

Sensation de vertige incontrôlable, orage imminent ou rocher détrempé sont de bons signaux pour faire une pause ou rebrousser chemin. Il n’y a aucune honte à attendre que les conditions s’améliorent, même si cela signifie passer une journée supplémentaire au refuge. La montagne sera toujours là, contrairement à votre intégrité physique.

Il est parfois possible de contourner une étape par une variante plus longue mais moins exposée, ou de descendre dans une vallée pour reprendre plus loin en utilisant les navettes locales. Les gardiens de refuge peuvent vous conseiller sur les alternatives adaptées à votre niveau et aux conditions du moment. Faire appel à un accompagnateur en montagne, même pour quelques jours sur les étapes les plus techniques du nord, peut vous aider à franchir en sécurité les sections les plus délicates tout en apprenant à mieux lire le terrain pour la suite de votre périple.

Le GR20 représente un défi exigeant mais accessible aux randonneurs bien préparés et lucides sur leurs capacités. Connaître les passages dangereux, adapter votre rythme aux conditions et savoir renoncer au bon moment font partie intégrante de la réussite de cette traversée mythique de la Corse. Avec une préparation sérieuse et une attitude prudente, vous maximiserez vos chances de vivre cette aventure en toute sécurité.

Élise Garrel-Lavernhe

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