Situé dans le massif des Aravis, en Haute-Savoie, le col de Plan Bois est une ascension exigeante pour les cyclistes et les randonneurs. Découvrez le col de Plan Bois dans le massif des Aravis : une ascension exigeante pour les cyclistes et randonneurs, offrant des panoramas exceptionnels sur la Tournette et le Mont-Blanc. Moins fréquenté que le col de la Croix Fry ou le col des Aravis, il impose un effort immédiat dès les premiers kilomètres. Avec une altitude comprise entre 1297 et 1299 mètres, ce col se distingue par la rudesse de ses pentes et son caractère sauvage, offrant une alternative intimiste aux axes touristiques du département.
Les caractéristiques techniques d’un géant méconnu
Les cyclos-grimpeurs qualifient souvent le col de Plan Bois de montée courte mais intense. La distance totale varie de 5,8 à 6,4 kilomètres selon le versant, mais la densité de l’effort est constante. La topographie laisse peu de répit aux pratiquants.

Un profil altimétrique redoutable
Avec une pente moyenne oscillant entre 9,6 % et 9,7 %, le col de Plan Bois se classe parmi les ascensions les plus exigeantes de la région. Contrairement aux cols alpins aux lacets réguliers, Plan Bois propose des rampes rectilignes où le pourcentage descend rarement sous les 9 %. Les passages les plus critiques atteignent 13,4 % sur le versant le plus direct. Le dénivelé positif total, compris entre 564 et 604 mètres sur une distance réduite, impose une excellente condition physique.
Un environnement préservé et sauvage
La route est étroite, parfois granuleuse, et serpente entre des forêts denses d’épicéas et des clairières d’alpage. La circulation automobile est extrêmement faible, ce qui renforce le calme du secteur. On y croise principalement des tracteurs agricoles. Cet isolement demande de la prudence : en cas de défaillance mécanique ou physique, il faut compter sur la solidarité des habitués ou sur les rares fermes jalonnant la montée.
Les trois versants : choisir son défi vers le sommet
Trois itinéraires permettent d’atteindre le sommet de Plan Bois. Chaque versant possède son propre caractère et ses difficultés spécifiques, selon votre envie d’effort ou votre désir de profiter des panoramas sur la vallée de Manigod.
Le versant via Veuillet : le mur des Aravis
C’est l’itinéraire le plus redouté. Au départ des Clefs ou du hameau de Veuillet, l’ascension est brutale. La pente se cabre dès les premiers hectomètres. La route s’enfonce dans la forêt, offrant une protection contre le soleil, mais l’humidité peut rendre le bitume glissant. Ce versant est un test de force pure où la gestion du braquet est primordiale. Les cyclistes utilisent généralement des développements généreux, comme 34×30 ou 34×32, pour franchir les rampes à 13 %.
L’itinéraire par le Plan des Berthats
Cette variante offre une expérience différente. Elle permet de découvrir des hameaux typiques de la Haute-Savoie avant de rejoindre la route principale du col. Le paysage est plus ouvert, avec des vues plongeantes sur Thônes et les contreforts de la Tournette. La pente est plus irrégulière, avec de courts replats permettant de reprendre son souffle avant d’attaquer le dernier tiers de l’ascension, commun aux deux versants ouest.
L’approche par Manigod et la Croix Fry
Le troisième versant, souvent utilisé pour effectuer une boucle, arrive de l’est. Il est techniquement moins exigeant sur sa portion finale, car il relie le col de la Croix Fry au col de Plan Bois par une route de crête. C’est l’option choisie par ceux qui souhaitent admirer la chaîne des Aravis sans subir les pourcentages extrêmes des versants de la vallée de Thônes. La descente vers Manigod par ce côté offre une vue directe sur l’aiguille de l’Etale.
Pourquoi le Col de Plan Bois est-il un lieu marquant des Aravis ?
Plan Bois est une expérience sensorielle. L’effort physique intense rencontre la sérénité des alpages d’altitude. Le lieu conserve une authenticité pastorale loin des noms célèbres.
Un panorama exceptionnel sur la Tournette et le Mont-Blanc
La récompense arrive au sommet. La vue s’ouvre sur la montagne de Sulens, la Tournette et, par temps clair, le massif du Mont-Blanc. En franchissant le dernier replat, on quitte l’ombre des épicéas pour déboucher sur les alpages. Ce passage marque un seuil sensoriel : l’effort lactique intense imposé par les pourcentages à deux chiffres s’efface devant l’immensité du panorama. Ce contraste entre l’étroitesse de la forêt et l’ouverture du plateau sommital rend ce col mémorable.
Une gastronomie locale au sommet
Le col de Plan Bois est un lieu de vie. L’auberge située au sommet accueille les randonneurs et les cyclistes pour une pause. Les fermes environnantes proposent la vente directe de Reblochon fermier. Voir les vaches paître dans les alpages que l’on vient de gravir ajoute une dimension humaine et terroir à l’exploit sportif.
Conseils pratiques pour une ascension réussie
S’attaquer au col de Plan Bois demande une préparation minimale. La rudesse de la pente ne pardonne pas l’excès de confiance ou le manque d’équipement adapté.
Braquets, météo et sécurité
Pour les cyclistes, le choix du matériel est crucial. Un vélo léger est un atout, mais l’étagement de la cassette fait la différence. Avec une pente moyenne de 9,7 %, l’acide lactique s’accumule rapidement. Le col est praticable de mai à octobre. En hiver et au début du printemps, la route est souvent enneigée ou verglacée car elle n’est pas prioritaire pour le déneigement. En été, privilégiez une ascension matinale pour éviter la déshydratation due à l’effort intense sous la chaleur.
Stationnement et accès
Si vous utilisez le col comme point de départ pour une randonnée vers la montagne de Sulens ou la pointe de la Sambuy, le stationnement peut être complexe en haute saison. Le parking au sommet est limité et il est impératif de ne pas gêner le passage des engins agricoles. Il est conseillé de se garer plus bas ou de privilégier un accès en semaine pour profiter de la quiétude du site.
Comparatif des cols des Aravis
Pour situer la difficulté du col de Plan Bois, voici un comparatif des ascensions majeures du secteur :
- Col de Plan Bois : Ascension courte et très exigeante avec 9,7 % de pente moyenne.
- Col de la Croix Fry : Ascension de difficulté modérée à élevée.
- Col des Aravis : Ascension accessible.
- Col de la Colombière : Ascension longue et élevée.
| Nom du Col | Altitude | Distance (moyenne) | Pente Moyenne | Difficulté ressentie |
|---|---|---|---|---|
| Col de Plan Bois | 1297 m | 6,1 km | 9,7 % | Très élevée |
| Col de la Croix Fry | 1467 m | 12,8 km | 6,6 % | Modérée à élevée |
| Col des Aravis | 1486 m | 11,5 km | 5,0 % | Accessible |
| Col de la Colombière | 1613 m | 16,3 km | 6,8 % | Élevée |
Le col de Plan Bois affiche la pente moyenne la plus forte. C’est un exercice radicalement différent d’une montée longue et régulière. L’effort physique pur se concentre sur une durée courte, souvent entre 40 minutes et une heure pour les cyclistes confirmés.
Le col de Plan Bois mérite sa place dans le carnet de route de tout passionné de montagne. Que ce soit pour la rudesse de ses versants, la qualité de ses produits locaux ou le panorama sur la chaîne des Aravis et la Tournette, il laisse une empreinte durable. C’est un col qui se mérite et qui rappelle que la beauté de la montagne se cache souvent dans les pourcentages les plus exigeants.