Arles, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, séduit par ses arènes romaines et ses festivals de renommée internationale. Pourtant, comme toute commune de plus de 50 000 habitants, elle présente des disparités sociales et territoriales. Si l’écrasante majorité de la ville reste paisible, quelques secteurs concentrent des difficultés liées à l’urbanisme, au chômage et à la délinquance. Comprendre la configuration de ces zones est utile pour quiconque envisage de s’y installer ou de s’y promener.
Les trois quartiers d’Arles sous vigilance renforcée
L’analyse des rapports de la politique de la ville identifie trois secteurs où le sentiment d’insécurité est plus marqué. Souvent isolés du centre historique par des infrastructures routières ou ferroviaires, ces quartiers font l’objet d’une attention particulière des autorités.

Le Barriol : entre précarité et trafic
Situé au sud-ouest du centre-ville, le quartier du Barriol est historiquement le secteur le plus sensible. Construit dans les années 1960 et 1970, cet ensemble de logements sociaux souffre d’un enclavement géographique. Les problèmes y sont multiples : dégradations des parties communes, incivilités et présence de points de deal. La présence de guetteurs à l’entrée de certains immeubles crée un climat oppressant pour les personnes extérieures. Il est déconseillé de s’y aventurer sans raison spécifique, surtout à la tombée de la nuit.
Le Trébon : une zone en mutation
Au nord de la ville, le Trébon présente un visage contrasté. Si une partie du quartier reste résidentielle, les grands ensembles proches de la voie rapide subissent des nuisances régulières. On y note des épisodes de violences urbaines sporadiques et un taux de chômage supérieur à la moyenne communale. Bien que le quartier bénéficie de fonds de rénovation pour briser l’isolement social, les tensions restent palpables, notamment aux abords des centres commerciaux de proximité.
Griffeuille : des tensions persistantes
Griffeuille, situé à l’est, complète ce triptyque des zones sensibles. Plus petit que le Barriol, ce secteur connaît des interventions policières régulières pour nuisances sonores et trafics divers. L’architecture massive des bâtiments favorise une forme d’anonymat propice aux incivilités. Pour un visiteur, s’égarer dans les ruelles internes de Griffeuille après 22 heures n’est pas recommandé, même si les agressions gratuites restent statistiquement rares par rapport aux grandes métropoles voisines.
Radiographie de l’insécurité à Arles : chiffres et réalités
Il est nécessaire de nuancer le ressenti. La tendance globale de la criminalité à Arles montre des signes de stabilisation, voire de baisse dans certains domaines. Les autorités locales ont investi dans la vidéoprotection et le renforcement de la police municipale pour endiguer la petite délinquance.
| Type d’infraction | Tendance récente | Localisation principale |
|---|---|---|
| Vols avec violence | En baisse (-29%) | Zones excentrées, gares |
| Cambriolages | En baisse (-20%) | Zones pavillonnaires isolées |
| Trafics de stupéfiants | Stable / Localisé | Barriol, Trébon |
| Vandalisme / Incivilités | En hausse légère | Parkings périphériques, Griffeuille |
Cette amélioration statistique s’explique par une présence accrue sur le terrain et une politique de rénovation urbaine. Cependant, la délinquance de proximité, comme les nuisances sonores ou les dégradations de véhicules, reste un défi durant la saison estivale, période où la population double avec l’afflux de touristes.
La clé de la sécurité urbaine à Arles
Pour appréhender la géographie arlésienne, il faut comprendre que la disposition des lieux influence la tranquillité d’une rue. La sécurité dépend souvent de la lecture des flux de passage et de l’éclairage public. À Arles, l’insécurité s’installe là où la visibilité est faible et où les issues sont multiples. Un visiteur averti remarquera que dès que l’on quitte les axes éclairés pour s’enfoncer dans des zones où le mobilier urbain est dégradé, le risque d’incivilité augmente. En restant sur les artères principales et en évitant les zones de stationnement isolées, on neutralise la majorité des risques.
Conseils pratiques pour les visiteurs et nouveaux résidents
Que vous soyez de passage pour les Rencontres de la Photographie ou que vous cherchiez un logement, quelques réflexes permettent de profiter de la ville sereinement.
Où stationner son véhicule en toute sécurité ?
Le vol à la roulotte est un problème fréquent pour les touristes. Évitez les parkings non surveillés en lisière du Trébon ou du Barriol. Privilégiez les parkings officiels du centre-ville, comme celui du Centre ou des Lices, qui sont surveillés et bien éclairés. Si vous devez vous garer dans la rue, ne laissez jamais d’objets visibles sur les sièges, car cela incite au vandalisme.
Se déplacer la nuit : les précautions d’usage
Le centre historique, incluant La Hauture, La Roquette et le quartier de l’Hôtel de Ville, est globalement sûr grâce à la fréquentation des restaurants. Soyez vigilant si vous devez traverser les ponts reliant le centre aux quartiers périphériques. Le quartier de Trinquetaille, de l’autre côté du Rhône, est résidentiel, mais les quais peuvent être déserts la nuit. Empruntez les axes principaux plutôt que les raccourcis sombres à travers les friches industrielles.
Choisir son quartier pour vivre à Arles
Pour un achat ou une location, les quartiers de la Roquette, très recherché, de l’Hauture, calme, ou de Trinquetaille, familial, sont d’excellentes options. Pour ceux qui cherchent la tranquillité absolue, les zones comme Pont-de-Crau offrent un cadre de vie quasi rural. Avant de signer un bail, visitez le quartier à différentes heures : une rue calme le matin peut s’avérer bruyante le samedi soir.
L’avenir des quartiers : la rénovation urbaine en marche
La mairie d’Arles, soutenue par l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), a lancé des chantiers pour transformer les secteurs difficiles. L’objectif est de briser les ghettos urbains en favorisant la mixité sociale et en ouvrant ces quartiers sur le reste de la ville.
Le projet Barriol 2030, doté de 45 millions d’euros, prévoit la démolition des barres vétustes pour reconstruire des logements à taille humaine, intégrer des espaces verts et implanter de nouveaux services publics. Parallèlement, des travaux améliorent les liaisons douces entre le Trébon et le centre-ville pour réduire l’isolement. Enfin, le maillage de caméras de surveillance continue de s’étendre, avec un focus sur les entrées de quartiers et les zones commerciales périphériques.
Ces efforts portent leurs fruits dans certains secteurs où l’on observe une baisse des incivilités et un retour des commerces de proximité. Arles est une ville en transition qui concilie son passé prestigieux avec les défis sociaux actuels. En restant informé, il est tout à fait possible de profiter de cette cité sans se sentir en insécurité.