Partir à l’aventure sur les routes islandaises est un rêve pour beaucoup de voyageurs en quête de grands espaces. Le camping est le mode d’hébergement privilégié pour vivre au rythme des éléments, entre volcans, glaciers et sources thermales. Pourtant, cette liberté demande une préparation rigoureuse. Entre une météo capricieuse, une réglementation stricte sur le bivouac et une logistique spécifique, camper sur la terre de glace nécessite une organisation précise pour transformer ce défi en une expérience réussie.
La réglementation du camping sauvage en Islande : ce qu’il faut savoir
L’époque où l’on pouvait planter sa tente n’importe où est révolue. Depuis 2015, la législation s’est durcie pour protéger un écosystème fragile, notamment la mousse volcanique qui met des décennies à se régénérer. La règle est simple : le camping sauvage est interdit dans la quasi-totalité du pays, surtout si vous voyagez en van, en camping-car ou en voiture équipée d’une tente de toit.
Pour les randonneurs à pied ou à vélo munis d’une tente classique, une certaine tolérance subsiste en dehors des zones habitées et des parcs nationaux, mais elle est soumise à des conditions strictes. Vous pouvez camper pour une seule nuit, sur un terrain non cultivé, et à condition qu’aucun camping officiel ne se trouve à proximité. Dans les parcs nationaux comme Þingvellir, Vatnajökull ou Snæfellsjökull, le camping est limité aux zones dédiées. Enfreindre ces règles entraîne des amendes et nuit à l’image des voyageurs auprès des locaux.
Le réseau des 170 campings officiels
L’Islande dispose d’un réseau de plus de 170 campings répartis sur tout le territoire. Ces infrastructures varient en confort. Certains ressemblent à de vastes champs avec le minimum vital, comme des toilettes et de l’eau froide, tandis que d’autres proposent des cuisines équipées, des douches chaudes, du Wi-Fi et des jacuzzis extérieurs. Comptez entre 10 et 20 euros par personne et par nuit. La plupart ne nécessitent pas de réservation, offrant une flexibilité précieuse lors d’un road trip où l’on ajuste son itinéraire selon la météo.
L’équipement indispensable pour affronter les éléments
Le climat islandais est instable. Il est courant de vivre les quatre saisons en une seule journée. Votre matériel est votre protection. Oubliez la tente de loisir classique ; il vous faut une tente capable de résister à des vents soufflant régulièrement à plus de 50 km/h. Les modèles autoportants avec des arceaux robustes et une bonne imperméabilité sont indispensables.
Le sac de couchage est le deuxième pilier de votre confort. Même en été, les températures nocturnes flirtent avec les 5°C, voire moins dans les terres intérieures. Un sac de couchage avec une température de confort de 0°C ou -5°C est recommandé. Prévoyez un matelas isolant de qualité, car le froid vient principalement du sol volcanique humide.
Checklist du matériel de camping
Pour vos vêtements, le système des trois couches (respirant, isolant, imperméable) est la norme. La laine mérinos est efficace pour ses propriétés thermiques et anti-odeurs. Concernant la cuisine, un réchaud à gaz avec pare-vent intégré ou un système de type Jetboil est un gain de temps précieux face aux bourrasques. Emportez une batterie externe haute capacité pour vos appareils, car les prises dans les campings sont souvent prises d’assaut. Enfin, un masque de nuit est indispensable si vous campez entre mai et juillet, période où le soleil de minuit empêche l’obscurité totale.
Logistique et budget : optimiser son séjour
Le camping est le moyen le plus économique de visiter l’Islande, où le prix d’une chambre d’hôtel atteint rapidement des sommets. Certains coûts sont à anticiper. La location d’un véhicule adapté, idéalement un 4×4 pour les pistes F-roads, représente le plus gros poste de dépense. Pour le ravitaillement, privilégiez les supermarchés discount comme Bónus ou Krónan, car les petites épiceries de village pratiquent des tarifs élevés.
Une astuce consiste à visiter le camping de Reykjavik en début de séjour. On y trouve souvent des zones de partage où les voyageurs laissent leurs cartouches de gaz entamées, de la nourriture non périssable et parfois du petit matériel. C’est une façon de réduire ses frais tout en s’inscrivant dans une démarche de partage.
Le camping en Islande est un pont entre le confort moderne et la rudesse de la nature sauvage. Il force le voyageur à se reconnecter à des besoins essentiels : trouver un abri, gérer son énergie et surveiller le ciel. Cette transition, parfois brutale lors des premières nuits sous la pluie, crée un lien unique avec le paysage. On ne se contente plus de regarder les montagnes par la fenêtre d’un hôtel ; on dort à leurs pieds, on sent l’odeur du soufre au petit matin et on écoute le fracas des cascades. Cette proximité transforme un simple voyage en une expédition sensorielle.
La Campingcard : est-ce rentable ?
La « Campingcard » (Útilegukortið) permet d’accéder à environ 35 campings partenaires pour un prix forfaitaire. Elle est valable pour deux adultes et quatre enfants pendant 28 jours. Vérifiez que les campings inclus correspondent à votre itinéraire, car de nombreux sites populaires ne font pas partie du réseau. Si vous prévoyez de rester plus de 10 nuits dans les sites partenaires, l’investissement devient rentable.
Les meilleures régions pour planter sa tente
Chaque région offre une expérience différente. Le Sud est le plus fréquenté en raison de sa proximité avec Reykjavik et de ses sites iconiques comme Skógafoss ou Reynisfjara. Les campings y sont souvent bondés en été, mais offrent d’excellentes installations. Pour plus de tranquillité, les fjords de l’Ouest sont une destination de choix. Les routes y sont sinueuses, mais les panoramas sur l’océan depuis votre tente sont saisissants.
Le Nord, autour du lac Mývatn, propose des terrains situés dans des zones géothermiques fascinantes. Enfin, pour les plus aventureux, les Hautes Terres comme Landmannalaugar ou Þórsmörk offrent des campings rudimentaires dans des décors lunaires. Ces zones ne sont accessibles qu’en plein été et nécessitent un véhicule 4×4 capable de franchir des gués.
| Région | Ambiance | Accessibilité | Services |
|---|---|---|---|
| Sud | Touristique / Spectaculaire | Facile (Route 1) | Complets |
| Fjords de l’Ouest | Sauvage / Isolé | Difficile | Basiques à Moyens |
| Nord (Mývatn) | Volcanique / Actif | Moyenne | Très bons |
| Hautes Terres | Expédition / Brut | 4×4 obligatoire | Rudimentaires |
Conseils de sécurité et respect de l’environnement
La sécurité est un aspect non négligeable. Le site safetravel.is doit devenir votre compagnon de route quotidien. Les tempêtes surviennent subitement, et il n’est pas rare que les autorités déconseillent de dormir sous tente lors de certaines alertes météo. Dans ce cas, n’insistez pas et cherchez un refuge en dur ou dormez dans votre véhicule si celui-ci est autorisé sur le site.
Le respect du principe « Leave No Trace » est impératif. La nature islandaise est aussi puissante que vulnérable. Ramassez tous vos déchets, utilisez les installations sanitaires prévues et ne roulez jamais en dehors des pistes balisées. Le respect de ces principes garantit que les générations futures pourront, elles aussi, s’éveiller face aux merveilles de cette île hors du commun.